MEDIAS
DEVENIR CHOUCHOU
publié le 19/06/06
Oui ! C’est de la faute de Zizou et de ses copains de l’équipe de France si d’un seul coup, comme par enchantement, les candidats à la candidature n’intéressaient plus personne !
Nos journaux sont vides de leurs allusions, de leurs petits mots et des commentaires parfois cinglants des chroniqueurs, des commentateurs politiques qui, nous le savons bien, font en grande partie notre opinion et qui nous permettent d’avoir l’air de savoir dans les diners en ville ! Tous les candidats, sans exception, savent bien que la présidentielle ne se gagnera pas sur un programme mais bien sur ce que les journalistes nous amèneront à croire et à penser. N’en déplaise aux puristes, le citoyen, avant d’être rationnel, est avant tout émotionnel ! Il a le coup de foudre et après il lui reste cinq années pour comprendre son erreur d’appréciation ! C’est un fait connu de tous les comportementalistes. Les bibliothèques universitaires son remplies d’un foisonnement d’ouvrages qui traitent de ce phénomène !
Sarkozy est obsédé par la présence et l’avis de la presse spécialisée en bruits et chuchotements. Il multiplie les occasions de se faire entendre et surtout de plaire et de plaire encore à tous ces journalistes sans qui les sondages ne peuvent battre des records de popularité tant espérés.
Ségolène n’est pas en reste sur ce terrain. Elle aussi, avec sa propre technique dialectique et surtout avec son nouveau charme, fait tout pour être le chouchou des medias sérieux. Villepin, qui a bien compris le système, va partout où il peut être vu et montrer son courage et son charme.
Etre le préféré, être le chouchou de la presse, celui dont les journalistes ont envie de parler, voilà en fait le challenge principal de la présidentielle de 2007 !
Question : comment devient on chouchou de la presse ? C’est tout le problème qui hante les candidats. La réponse n’est pas simple.
Tout d’abord, il faut savoir que le journaliste fonctionne en réseau. Il n’a de valeur que si les siens le remarquent ou le distinguent. Il ne vit pas dans le peuple, ceci est même vrai au journal l’humanité. Il vit avec sa communauté d’idées ! C’est ce qui fait qu’il ne nous comprend pas toujours. Pour preuve l’erreur d’appréciation lors du référendum sur l’Europe !
Le journaliste par nature aime bien sûr les contradictions des candidats. Il s’en délecte dans ses interviews. Il aime à mettre le doigt sur elles et à tourner autour de la plaie, rien que pour le plaisir. Ceci n’est pas suffisant pour qu’il s’entiche d’un candidat. De fait le journaliste est un parieur ! Oui comme ceux qui parient sur les chevaux ! Son comportement est simple. Lorsqu’il pense que tel ou tel candidat a de son point de vue une chance de scorer, alors il en parle.
Strauss-Kahn n’a aucune chance pas plus que Jack Lang alors à quoi bon en parler. Ils comptent pour du beurre. Arlette finira comme toujours en queue de peloton alors à quoi bon s’échiner sur elle. José est usé. Il n’y a plus rien à dire des verts malgré leur vote à la Bush. Quant à Bayroux, il est si ennuyeux qu’il lui faudrait distribuer une nouvelle gifle pour qu’on parle de lui. Enfin comme il est d’un commun accord interdit de parler de Le Pen, ce qui pour le coup se conçoit, on ne parlera encore pendant des mois que du couple infernal Sarko-Ségo jusqu’au jour où ils n’auront plus la côte et qu’ils seront tout naturellement remplacés par d’autres.
Alors vous les candidats dont on ne parle pas et qui voudriez tant faire passer vos idées pour sauver la France, vous avez le choix : devenir chouchou ou alors mettre les pieds dans le plat, faire la révolution dans les média pour retrouver le vrai chemin du peuple !
La démocratie est à ce prix !
Ajoutez un commentaire en bas de cette page
MAIS QUAND COMPRENDRONT-ILS ?
publié le 31/05/06
Chaque dimanche soir c’est la même histoire !
Fogiel reçoit un politique qu’il taquine et c’est bien normal.
A coté de ce député, de cet ancien ministre ou de ce futur présidentiable se trouve une vedette du cinéma, de la chanson ou du showbiz.
Systématiquement Fogiel, qui connaît son métier, met le doigt sur LA contradiction qui fait mal à ce politique. Ce dernier répond, argumente, se débat comme un diable dans un bénitier, pendant que les vedettes s’ennuient ou font semblant. Puis d’un seul coup, l’homme ou la femme du spectacle se déchaine et vomit tout ce qu’il pense contre les politiques, les élus, la république et j’en passe.
Ce qui est intéressant c’est qu’alors le public applaudit, il exulte !
Il y a deux semaines Richard Bohringer se faisait Nicolas Dupont Aignant, dimanche dernier Patrick Sébastien cassait de
la Roselyne Bachelot à tour de bras !
Le citoyen Bohringer a bien le droit de dire ce qu’il pense comme Sébastien et les autres ! Le problème n’est pas là ! Ce qui est dangereux c’est que ces vedettes dessinent une situation qui amène les quatre millions de téléspectateurs à croire que
la République , nos élus sont tous des cons ! Il n’y a pas d’autre mot !
Plus grave : ils profèrent des idées, largement reprises par le public, qui vont créer des comportements suicidaires pour notre démocratie lors des prochaines élections. J’en veux pour preuve la sortie de Sébastien à Bachelot.
- Sébastien : moi je voudrais que les politiques se présentent avec un contrat et qu’ils démissionnent au bout d’un an s’ils n’ont pas fait ce qu’ils avaient promis !
- Le public : bravo ! bravo !
- Bachelot : Oh ! Les routes ça ne se fait pas en une année !
- Fogiel rigole…
Ne nous étonnons pas si dans un an ça se passe mal pour les républicains de droite comme de gauche !
Alors amis élus n’y allez plus !
Ajoutez un commentaire en bas de cette page
PAS DE PLACE SOUS LE SUN publié le 20/04/06
Un tabloïd du type du SUN anglais a-t-il une chance d’intéresser le lectorat français ?
En d’autres termes peut-on faire repartir FRANCE SOIR en copiant la presse à scandales britannique ? C’est ce que les nouveaux propriétaires du journal pensent !
C’est ce que la rédaction et les journalistes refusent !
Les Anglais adorent les affaires croustillantes et les Français ne sont pas en reste sur ce point. Ce qui change, c’est que les Anglais les aiment quand elles ont pour sujet leurs hommes politiques, leurs ministres ou leurs femmes ! Les Français eux n’aiment pas cela du tout ! Que l’on parle des histoires de cœur, des incartades des vedettes, des acteurs, oui ! Que l’on fasse la même chose avec des femmes et des hommes politiques, pas question !
En France, l’affaire Diana n’aurait jamais eu lieu.
Comment peut-on expliquer ce comportement ?
La culture d’un pays, d’après les sociobiologistes anglo-saxons qui sont eux aussi très à la mode en ce moment, dépend de la théorie des « Memes » ou encore théorie mimétique.
Ainsi d’après eux, la minijupe est devenue populaire du jour au lendemain parce que tout le monde voulait imiter, mimer celles qui la portaient, même chose pour le « Da Vinci Code » ou le 4X4, (Richard Dawkins « The Selfish gene », Richard Brodie « virus of the mind »).
Ce qui ferait nos croyances, d’après ces illustres chercheurs, ce serait des trains de messages envoyés par des autorités ou des émetteurs de références qui rentreraient dans nos têtes et dont nous adopterions le contenu par le simple fait qu’ils nous inciteraient à copier, à mimer les émetteurs.
Pour faire plus simple : le Roi Louis XIV avait des maîtresses illustres et l’on trouvait ça bien ! Il est donc normal que les hommes qui accèdent à la magistrature suprême de la République fassent de même, que les ministres, les députés copient à leur tour leur président ! Enfin que le citoyen devenant un élu... ne le fasse aussi.
Dans le pays des Droits de l’Homme, élus, patrons, collaborateurs, citoyens ne peuvent pas s’interdire d’avoir une « affaire ». Pour preuve, ce terme « affaire » est repris pour désigner "la chose" par les Anglo-Saxons au même titre que celui de « rendez-vous » (et « coup » mais cette fois pour la révolution) !
FRANCE SOIR a donc peu de chance de faire aussi bien en terme de tirage que le SUN.