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INTERNATIONAL
SYNDROME DE MUNICH publié le 17/08/06
La nouvelle guerre du Liban et les limites de la politique de compromis Par Mickaël Bensadoun
Mickaël Bensadoun est enseignant en sciences politiques à l'université Bar-Ilan (Tel-Aviv). Publié le 09 août 2006 Actualisé le 09 août 2006 : 08h04
Soldats israéliens le 1er août. «Dans quelle mesure la puissance de Tsahal peut-elle dissuader un mouvement terroriste prêt à sacrifier les siens au nom de l'idéologie?», demande Mickaël Bensaoun. (AP).
Les médias ont la mémoire courte. Depuis le début des hostilités, ceux-ci se concentrent sur les opérations de Tsahal et sur les souffrances quotidiennes du peuple libanais au détriment d'une analyse de fond des raisons et enjeux de la crise actuelle. Comment Israël en est-il arrivé à mener une «Seconde Guerre du Liban», alors qu'aucun conflit territorial ne l'oppose à ce pays ?
Le retrait unilatéral du Sud Liban en mai 2000 par Israël est un événement clé pour la compréhension de l'actuel conflit. Le Hezbollah et la société palestinienne perçoivent cet acte unilatéral comme une victoire et sont convaincus qu'il est possible de vaincre la puissance israélienne par l'usage de méthodes terroristes qui affaiblissent une société lasse de conflits. C'est dans l'espoir de reproduire le modèle établi par le frère chiite Hassan Nasrallah que Yasser Arafat se lance dans une nouvelle Intifada qui conduira à l'impasse et poussera Israël à tenter d'enclencher une dynamique positive en se retirant unilatéralement de la bande de Gaza en août 2005. Nouveau retrait unilatéral, mêmes perceptions : les mouvements islamistes pensent avoir fait plier Israël et ce sentiment de victoire contribue fortement au succès du Hamas aux élections palestiniennes de janvier 2006. Loin d'être perçus comme un message de paix provenant d'un pays fort et sûr de lui, les retraits unilatéraux sont considérés comme un signe de faiblesse par des groupes radicaux de plus en plus populaires.
À cette brève description du contexte politique régional, il faut évidemment ajouter l'élection du président iranien Ahmadinejad qui prêche ouvertement la destruction de l'État d'Israël. Encouragé par l'échec des États-Unis en Irak et la montée en puissance des chiites au niveau régional, l'Iran renforce son contrôle sur les actions du mouvement chiite Hezbollah avec la coopération de l'allié syrien, frustré de s'être retiré du Liban sous pression libanaise et internationale.
C'est dans ce contexte que l'attaque du Hezbollah du 12 juillet dernier, qui a coûté la vie à huit soldats israéliens et a conduit à l'enlèvement de deux soldats au lendemain de celui du caporal Guilad Shalit par le Hamas, a provoqué une réaction ferme de l'État israélien. Si l'objectif premier de l'opération militaire de Tsahal était la libération des soldats, la dure opposition du Hezbollah incite Israël à poursuivre deux autres objectifs. N'étant pas parvenu à obtenir le désarmement du Hezbollah par la diplomatie, Israël espère faire pression sur le gouvernement libanais et sur la communauté internationale afin que l'armée libanaise assistée d'une force internationale se déploie au Sud Liban et que les milices du Hezbollah soient démantelées. Enfin, l'offensive militaire doit permettre à Tsahal de recouvrer une capacité de dissuasion partiellement érodée par les différents retraits unilatéraux.
Pourtant, la dissuasion classique doit être repensée alors que le mode d'action du Hezbollah est fondé sur la mise en place de petites cellules au sein de zones densément peuplées, comme Cana par exemple. Dans quelle mesure la puissance de Tsahal peut-elle dissuader un mouvement terroriste prêt à sacrifier les siens au nom d'une idéologie ?
La détermination du Hezbollah et son surarmement montrent bien que l'organisation terroriste contrôlée par l'Iran et la Syrie souhaitait cette guerre à laquelle elle s'était méthodiquement préparée depuis le retrait d'Israël en 2000. Les 12 000 roquettes de fabrication syrienne et iranienne dont disposait le Hezbollah au début de la guerre sont le résultat d'une politique d'armement dont l'objectif affiché est de provoquer une guerre d'usure de longue durée qui sert les intérêts iraniens et syriens. Par Hezbollah et Hamas interposés, Israël est en fait en guerre contre l'Iran d'Ahmadinejad (et dans une moindre mesure contre la Syrie), dont la légitimité politique est renforcée et le programme nucléaire protégé par la poursuite du conflit israélo-palestinien, la montée des islamismes chiites et l'instabilité d'un Liban actuellement pris en otage par le Hezbollah.
Face à certaines critiques européennes qui dénoncent l'usage disproportionné de la force par Israël, la société israélienne est convaincue de la légitimité de cette guerre, qui vise notamment à rappeler aux forces islamistes qu'Israël est suffisamment puissant non seulement pour faire la paix mais aussi pour faire la guerre lorsque ses messages de paix sont mal interprétés. Une partie de l'Europe est aujourd'hui touchée par un dangereux retour du «syndrome de Munich» qui l'empêche de concevoir l'usage de la force, même lorsque celui-ci, lié à une diplomatie intelligente, a pour objectif de garantir la sécurité des démocraties. Il serait tout à fait irresponsable de répondre à la montée des islamismes radicaux et à l'arrogance dangereuse de l'Iran d'Ahmadinejad par une politique faite de compromis et de concessions. L'usage de la force suscite sans doute la haine, mais l'inaction encourage les ambitions impérialistes de forces islamistes qui ont déclaré la guerre aux valeurs occidentales et à ceux qui les incarnent dans leur pays et dans le monde entier.
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SANS COMMENTAIRE... publié le 16/08/06
Interview d'Ahmadinejad, président de l'Iran, dans l'émission "60 minutes"
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ARTICLE D'UN AMI publié le 10/08/06
Qu'ils prennent modèle sur les prostituées !
Par Guy Millière
Je ne peux pas penser, une seule seconde, que les journalistes qui travaillent pour les grands médias en France et en Europe ignorent tout du discours haineux et génocidaire des dirigeants du Hezbollah. Je ne peux pas penser qu’ils ignorent que Al-Manar, la chaîne du Hezbollah, est le média le plus antisémite que le monde ait connu depuis la fin du Troisième Reich.
Je ne puis pas penser qu’ils ne savent pas que le Hezbollah est une organisation totalitaire qui endoctrine et soumet par la violence les populations civiles dans les zones qu’il contrôle. Je ne puis pas penser qu’ils ne savent rien du fait que les miliciens du Hezbollah utilisent les populations civiles du Sud Liban comme des boucliers humains, empêchent délibérément la fourniture de vivres à ces mêmes populations, de manière à disposer de victimes à exhiber devant des caméras.
Je ne puis pas penser qu’ils ignorent que des immeubles, tel celui qui vient d’être touché à Qana, sont des dépôts d’armes dans lesquels le Hezbollah place, de manière ignoble, des femmes et des enfants pour les sacrifier à des fins de propagande. Je ne peux pas penser que ces mêmes journalistes ne savent rien ou presque de ce que subit en ce moment la population du nord d’Israël.
Je ne peux, dès lors, que me poser une question : pourquoi tant de mensonges et d’ignominies ? Je trouve peu d’explications. Je ne veux pas aller jusqu’à dire que l’antisémitisme, sous de nouveaux oripeaux, est de nouveau omniprésent en Europe, mais il m’arrive de penser que c’est le cas.
Bien sûr, vous répondront les intéressés, ils ne sont pas « antisémites », mais, poursuivront-ils, « regardez ce qu’ils font aux civils libanais ». Et si vous leur rétorquez que les Libanais sont victimes du Hezbollah, ils se transforment immédiatement en avocats du Hezbollah, en précisant qu’il « mène aussi des actions sociales » et que c'est un mouvement de « résistance ».
Certains concèderont, à la rigueur, que le Hezbollah doit être désarmé, mais ils ajouteront que cela doit se faire par la « négociation », voire, peut-être, par l’envoi d’une « force internationale », avec l’accord du « gouvernement libanais ».
Sachant qu’ils ne sont pas complètement idiots, je serais tenté de leur dire qu’Hitler, à sa manière, était très « social », et j’aurais envie de leur demander :
Résistance à quoi ? A l’existence d’Israël ?
Négociation avec qui ? Des fous furieux ?
Force internationale pour faire quoi ? Protéger le Hezbollah ?
J’ai eu, parfois, ce genre de discussion. Je les évite désormais. Je sais qu’il y a pire que des gens complètement idiots, à savoir : des gens qui font cyniquement les idiots, en pratiquant le tri sélectif des faits. Et je sais, hélas, que nombre de journalistes, en France et en Europe, font cyniquement les idiots et pratiquent le tri sélectif des faits. Je sais aussi, et c’est pour cela surtout que j’évite ce genre de discussion, qu’il y a davantage à l’œuvre : une forme de haine viscérale qui ne dit pas son nom.
Pour ces centaines de journalistes français et européens, Israël, désormais, est détestable par essence. Des réactions instinctives ont été incrustées dans leur cerveau et, quoi que fasse Israël, il a tort.
Des discussions s’engagent pour un processus de paix et s’interrompent ?
C’est la faute d’Israël qui n’a pas fait assez de concessions dans la négociation.
Des ennemis d’Israël font des attentats terroristes ? Ils sont « désespérés » et utilisent « l’arme du faible ».
Israël riposte ? C’est le « cycle de la violence », qui va entraîner encore davantage de « désespoir ».
Israël n’a pas encore été accusé du récent épisode de canicule en France, mais, au train où vont les choses…
Cette haine, qui ne dit pas son nom, a des relents antisémites, incontestablement. Aucun Etat sur la face de la terre ne subit autant d’incriminations verbales et de calomnies qu’Israël. Aucun, sinon peut-être les Etats-Unis - qui ont, peu ou prou, autant d’ennemis haineux qu’Israël mais sont la première puissance du monde.
Cette haine a aussi d’autres causes et, entre autres, une conception - totalement pervertie - de la repentance, dont implication est que quiconque semble faible et opprimé est digne d’éloge et de soutien. Or, aux yeux des Européen, les Arabes sont faibles et opprimés, en général, alors qu’Israël est « fort ».
A cela s'ajoute l’idée que le « rêve européen » est celui d’un monde dans lequel il n'y aurait aucun conflit qui ne puisse se régler par la diplomatie : un monde où personne ne veut le mal, où il n’y a pas de totalitaires, pas de méchants, et où, quand un « faible » ou un « opprimé » se montre agressif, c’est qu’il a raison et qu’on n’a pas fait assez d’efforts pour le « comprendre ».
Le fait qu’il y a plus de trois cent millions d’arabes, plus d’un milliard de musulmans et seulement six millions d’habitants en Israël, joue vraisemblablement un rôle aggravant. De même le fait que l’Europe soit toujours davantage une terre musulmane.
La peur du terrorisme entre en ligne de compte également : il n’y a rien à craindre si l’on crache sur des juifs ; par contre, critiquer des islamistes, c’est autre chose.
Adopter vis-à-vis d’Israël la position la plus communément adoptée dans le monde arabo-musulman fait sens, dans ce contexte, même si c’est très lâche. On peut noter aussi un point rarement évoqué : l’islam radical - tel qu’il a cours tant dans la mouvance d'al-Qaida, que dans celle du Hezbollah, en passant par la nébuleuse Ahmadinejad -, n’est pas l’islam, mais un dogme politique dans lequel entrent bien des ingrédients empruntés aux idéologies totalitaires nées en Europe : national-socialisme, fascisme, communisme.
Il n’est pas étonnant que des intellectuels européens d’extrême droite débordent de mansuétude envers les islamistes - les uns et les autres lisent Mein Kampf.
Il n’est pas étonnant que des intellectuels d’extrême gauche débordent, eux aussi, de mansuétude envers les islamistes : en effet, on peut négliger le fait que les islamistes lisent Mein Kampf, lorsqu’on apprend qu’ils lisent aussi Lénine. Des journalistes pleins d’égard envers l’extrême gauche européenne peuvent voir, dans les islamistes, des lointains cousins de l’extrême gauche.
Quoi qu’il en soit, que les mensonges se répandent et soient pris pour argent comptant par les populations européennes, prouve qu’il existe, sur ce continent, une pathologie mentale collective préoccupante. Le fait que quasiment tous les dirigeants politiques européens, Chirac en tête, contribuent à cette pathologie mentale collective, est extrêmement inquiétant pour le futur de ce continent.
La guerre que doit mener Israël est âpre et douloureuse. Au plan international, Israël ne peut compter que sur le soutien des Etats-Unis de George Bush.
Israël est plus que jamais traité comme « le juif des Etats », selon l’expression d’Alan Dershowitz. Quand bien même je serais seul à le dire encore en langue française, je le dis : Le Hezbollah est un mouvement totalitaire et fanatique, aux buts génocidaires, dont l’objectif est tout à la fois de transformer le Liban en république islamique satellite de l’Iran des mollahs, et de détruire Israël, si possible en exterminant sa population.
Le Hezbollah ne peut avoir de place sur l’échiquier politique d’un pays démocratique. Israël ne peut vivre en ayant sur son flanc nord une armée de terroristes dont le but avoué est de détruire Israël. Toute issue autre que la destruction du Hezbollah serait, pour ce mouvement, une victoire aux conséquences très délétères pour l’avenir proche d’Israël.
Toutes les victimes civiles libanaises, y compris les femmes et les infortunés enfants de Qana, sont des victimes du Hezbollah et non de l’armée israélienne. Le fait de prendre des civils pour boucliers humains (fut-ce avec le consentement de ces civils) constitue un acte d’une cruauté et d’une lâcheté absolues, mais, hélas, logiques de la part de terroristes. Tout gouvernement occidental digne de ce nom devrait dénoncer les crimes du Hezbollah.
Ceux qui, dans la population libanaise, soutiennent le Hezbollah, subissent aujourd’hui les conséquences de leur choix et n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Soutenir une organisation terroriste constitue un risque. On ne peut souhaiter l’extermination d’un peuple voisin et s’étonner, ou se lamenter quand ce peuple se défend. Le gouvernement libanais n’est pas innocent. Si des pays comme la France voulaient du bien au Liban, ils auraient dû, depuis longtemps, agir pour que ce pays soit une démocratie à part entière.
Les Libanais qui ne soutiennent pas le Hezbollah sont aujourd’hui ses otages, et ils le sont depuis longtemps, avec la complicité de pays, tel la France. Ils ont été abandonnés non pas face à l’armée israélienne, mais, bien avant, face à la prise d’otage opérée par le Hezbollah qui, comme toutes les prises d’otage devra connaître un dénouement. Le seul dénouement concevable est la punition ou la mort du preneur d’otage.
Demander un cessez-le-feu immédiat à Israël, comme le font le gouvernement français et l’Union Européenne équivaut à demander que la prise d’otage se prolonge, et à assurer une victoire au preneur d’otage, qui pourra ensuite repartir en quête de son double objectif. La France et l’Union Européenne se conduisent en complices de la prise d’otage et de la tentative d’assassinat d’Israël. C’est au Hezbollah qu’il faut demander non seulement un cessez-le-feu, mais une capitulation sans conditions. Et que nul n’évoque l’argument humanitaire pour demander un cessez-le-feu à Israël : c’est le Hezbollah qui, par sa prise d’otage et sa violence, crée un drame humanitaire, non seulement pour les Libanais mais - faut-il le rappeler ? - pour les Israéliens aussi.
Le Liban ne pourra vivre en paix que s’il est débarrassé de ceux qui, en son sein, rêvent d’exterminer un peuple voisin. Vouloir vivre en paix tout en ayant en son sein une forte minorité qui rêve d’exterminer un peuple voisin est impossible et contradictoire. Israël ne pourra pas, à lui tout seul, parvenir à éradiquer le Hezbollah. Il y faudra non seulement le soutien des Etats-Unis, mais aussi celui des hommes et des femmes qui veulent que la liberté et la dignité de l’être humain soient préservées.
Si, comme on peut le craindre, Israël ne peut ou ne veut aller jusqu’au bout de son action, si l’ONU, organisation corrompue et d’un antisémitisme avéré, se voit confier le dossier et la mise en place d’une force « d’interposition » de type Finul, ce sera une victoire pour le Hezbollah et une défaite pour les valeurs de liberté et de dignité de l’être humain. Ce sera aussi, dans ce contexte, une défaite pour ceux qui souhaitent un Liban libre. Israël devrait alors s’attendre à des jours amers.
La victoire du Hezbollah serait aussi une victoire pour la dictature syrienne et pour la république islamique d’Iran, dont les dirigeants ne pourraient que se sentir encouragés dans leur course à l’armement nucléaire, vers la déstabilisation de l’Irak et de la région, et vers la destruction d’Israël. Alors même que leurs populations débordent de haine envers Israël, elles aussi, les pays arabes sunnites de la région ne veulent pas d’une victoire du Hezbollah, et c’est un atout qu’il ne faut pas négliger.
Les dirigeants européens, en général, et les français en particulier, qui croiraient, dans ces conditions, que donner une victoire au Hezbollah leur gagnerait les bonnes grâces du monde arabe se trompent lourdement et gravement. Les dirigeants qui, comme Chirac et Douste Blazy, disent que c’est pour éviter un « choc de civilisations » qu’ils font tout pour sauver le Hezbollah - contribuant ainsi à la destruction d’Israël -, sont des irresponsables dangereux : le Hezbollah, le régime des mollahs, Al-Qaida, la famille Assad, ne représentent ni la civilisation arabe, ni, au delà, une quelconque civilisation musulmane, mais sont la caricature hideuse et monstrueuse de l’idée même de civilisation. Le monde arabe et, plus largement, le monde musulman ont besoin d’être délivrés de cette caricature multiforme. Préserver la caricature et dire qu’elle incarne une civilisation fait courir un danger mortel non seulement à Israël, mais aussi à l’Europe.
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